08/08/17

Lettres de suicide - Simon Critchley - Editions Max Milo

La façon de mourir donne un sens à la vie passée, ce qui effraie et fascine les survivants.

Car l'horreur du suicide se tient dans cette question qu'il pose à tous : la vie vaut-elle la peine d'être vécue ?...

RÉSUMÉ

Le suicide a été vanté dans l'Antiquité gréco latine comme un geste d'honneur (mieux vaut une mort digne qu'une vie infâme) avant d'être condamné par les religions ou d'être vu comme une pathologie par la psychiatrie.

Simon Critchley parcourt sans jugement les histoires de suicides, de Sénèque à Kurt Cobain, et démonte les arguments moraux et théologiques selon lesquels un individu n'a pas le droit de disposer de sa vie.

Mais inversement il critique l'individualisme qui prétend que chacun est l'exclusif propriétaire de soi même.

C'est en examinant les lettres d'adieu laissées par les suicidés que Critchley accède au plus près du suicide.

La manière de se tuer, les lieux choisis, les mots et les symboles qui accompagnent le geste meurtrier ont une importance essentielle…

Lien Editions Max Milo

Lettres de suicide

Simon Critchley

Editions Max Milo : 16 €

© Editions Max Milo

lettres de suicide

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08/02/15

Suicide et sacrifice - Le mode de destruction hyper capitaliste - Jean Paul Galibert - Editions Lignes

 

"L'ancien capitalisme construisait, l'hypercapitalisme, lui, détruit : il épuise, il ferme, il licencie.

C'est un système suicideur, qui nous rend suicidaire.

Pourquoi l'acceptons-nous ?

Il nous inflige aujourd'hui sa règle d'inexistence, et nous condamne à un mode de vie suicidaire, parce qu'il nous impose un choix : préférons-nous l'hyper exploitation ou le suicide ?

Une vie dépourvue d'existence, ou une mort immédiate ?

L'ancien capitalisme était libéral, parce qu'à la différence de l'esclavage il laissait toujours le choix entre vivre exploité ou mourir de faim.

Le suicide est le mode de sélection idéal, car aucune forme de tri sélectif autoritaire des existences n’est viable"»…

Résumé

Livre court mais dense et puissant, "Suicide et sacrifice" commence par un constat et quelques statistiques, rarement données.

Les statistiques : une récente enquête de l’Institut de veille sanitaire, menée sur les décès survenus entre 1976 et 2002 pour lesquels le suicide était mentionné en cause principale du décès, dénombre en France 30 suicides par jour, 900 par mois, 11.405 par an (soit 2 fois plus qu’au Royaume Uni, en Espagne ou aux Pays Bas).

Il constitue la 1ère cause de mortalité chez les 35/49 ans, la 2ème chez les 15/24 ans, après les accidents de circulation (il y a presque 2 fois plus de suicides que de morts sur la route).

Chiffres auxquels il faut ajouter celui ci : on évalue à 150.000 par an le nombre des tentatives de suicide.

Le constat : rien n’est entrepris contre.

La preuve : la réduction du suicide est le 92ème objectif sur les 100 que compte la loi de 2004 sur la politique de santé publique.

"Suicide et sacrifice" n’est pas une étude, mais un livre politique, engagé, violent.

Dont le postulat pourrait être résumé ainsi : si un système ne fait rien pour enrayer un fléau, c’est que celui ci y trouve un intérêt.

Car il ne fait pas que ne pas les empêcher, il les produit.

Le système (l’hyper capitalisme) est "suicideur" en tant que l’hyper capitalisme par lequel il se définit aujourd’hui ne vise qu’à l’hyper travail.

Définition de l’hyper travail selon Jean Paul Galibert

"Mode d’exploitation le plus juste et le plus populaire.

Il est accepté précisément pour son respect scrupuleux de l’équivalence des termes de l’échange.

En effet, pourquoi le consommateur accepte-t-il de travailler pour le vendeur, et ensuite d’acheter ?

Pourquoi donne-il 2 fois la valeur de la marchandise, contre rien ?

Simplement parce qu’il paye la marchandise au juste prix de son propre travail.

Il voit bien la valeur supplémentaire qu’il a mise lui même dans la marchandise, au point qu’il l’achète comme une réalité.

C’est parce qu’il est doublement exploité qu’il n’a pas l’impression de l’être, du simple fait que ces 2 exploitations sont exactement égales, et que cette égalité peut être vécue comme une justice".

L’hyper capitalisme est un mode de destruction dans lequel l’essentiel de la haute rentabilité vient du démantèlement de pans entier de l’appareil productif.

La chasse au salaire est ouverte.

L’entreprise la plus rentable est celle qui supprime le plus de salaires : dégraissage, chômages techniques, plans sociaux, licenciements, démantèlements.

Que devient-on sans salaire ?

Ce n’est pas l’affaire du système, tout au plus un problème privé, personnel, psychologique peut être…

Dans une telle économie, l’existence tout entière devient à la fois la source de la valeur et l’objet de toutes les luttes.

Elle n’est jamais acquise, ni certaine.

Tout est fait pour que chacun consacre tout son temps à imaginer la réalité, puis à acheter le résultat de ce travail imaginaire : la marchandise parée par l’imagination de toutes les vertus, séductions et qualités.

Dissimulant que ce système, qui commence par détruire toute réalité dans la chose, finit nécessairement par détruire toute réalité chez les personnes.

Plus personne pour exister plus que les choses, pour n’être pas soumis à la même loi qu’elles, qui n’autorise que les existences absolument rentables, et détruit les autres.

Que faire dès lors des ouvriers ?

Des chômeurs.

Que faire après des chômeurs ?

Pourquoi pas des suicidés ?

Certes, la société hyper capitaliste a besoin de cerveaux oisifs et disponibles pour ses spectacles et ses achats, mais ils doivent être riches, ou du moins solvables.

Or que vendre aux chômeurs en fin de droits ?

Que peut-on espérer vendre à cette moitié des habitants du monde qui sont aussi désespérément jeunes que pauvres ?

Questions violentes auxquelles Jean Paul Galibert apporte des réponses elles mêmes violentes.

Réponses qu’il prête au cynisme de l’hyper capitalisme, et pour les dénoncer.

"L’hyper capitalisme opère donc un tri sélectif des existences, entre celles qui vont consacrer leur existence entière à l’hyper travail, et celles qui seront détruites.

Le suicide est le mode de sélection idéal, car aucune forme de tri sélectif autoritaire des existences n’est viable.

Le suicide est le mode de sélection idéal, car la victime assure elle même sa destruction"…

Lien Editions Lignes

Suicide et sacrifice - Le mode de destruction hyper capitaliste

Jean Paul Galibert

Editions Lignes : 13 €

© Editions Lignes

suicide et sacrifice

 

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28/02/14

Un temps pour les caresses - Thomas Bouvatier - Editions Fayard

 

Paul Barrière, esthète flamboyant et excessif, est retrouvé mort dans des conditions atroces.

Alors que la police soupçonne un meurtre, ses fils sont persuadés qu'il s'agit d'un suicide.

Ces derniers, au gré d'un atavisme familial autodestructeur, ont, par le passé, tenté de mettre fin à leurs jours.

La mort du père révèle la part d'ombre de la fratrie.

Une famille marquée par la hantise du suicide...

Un excellent roman à ne pas rater !

Résumé

Paul Barrière, hédoniste conquérant qui avait érigé la joie de vivre en principe moral, a mis fin à ses jours.

Pour François, celui de ses fils qui lui ressemblait le plus, un mythe qui s'écroule.

Sa vie doit être radicalement remise en question s'il ne veut pas suivre le même chemin.

Dans cette confrontation avec lui même, François fait la connaissance de Louise…

 

Lien Editions Fayard

 

Un temps pour les caresses

Thomas Bouvatier

Editions Fayard : 16 €

 

© Editions Fayard

 

un temps pour les caresses

 

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