La réforme du collège, portée par Najat Vallaud Belkacem, a de quoi faire bondir : le projet de révision du programme d’Histoire pour la classe de 5ème prévoit qu’à la rentée 2016, l’enseignement de l’islam restera obligatoire tandis que la chrétienté au Moyen Age ou le Siècle des Lumières deviendront facultatifs !

Ce qui n’a pas manqué de provoquer, à juste titre, une levée de boucliers de la part de nombreux historiens, intellectuels, enseignants et politiques, à gauche comme à droite.

La décision de rendre obligatoire l’enseignement de l’islam dans l’école publique ne date pas d’hier : depuis 2010 déjà les parents d’élèves de 5ème peuvent constater que dans certains manuels d’Histoire de leur progéniture, c’est sur les débuts de l’islam à travers ses fondements et sa civilisation brillante que s’ouvrait l’année scolaire, faisant fi de la chronologie.

Et si le chapitre sur L’Eglise en Occident, relégué en 4ème position, fait naturellement mention de l’Inquisition, la religion musulmane n’est abordée que sous l’angle positif d’une religion de paix, tolérante à l’égard des infidèles.

Sans aucune approche historique critique, comment dès lors s’étonner que certains élèves soient tentés d’aller faire le djihad ?

Alors que faire contre cette tentative éhontée de travestir l’Histoire ?

Prendre la plume comme le font certains intellectuels ?

A quoi bon : tout le monde sait que 2 intellectuels assis vont moins loin que 1 brute qui marche.

Soutenir les enseignants dans la grève programmée le 19 mai dans toute la France contre ces nouveaux programmes ?

Pourquoi pas…

Mais quand on sait le peu de cas fait par le gouvernement envers ceux qui ont défilé contre les nouveaux rythmes scolaires, on peut s’interroger sur l’efficacité de battre le bitume.

Ne vaudrait-il pas mieux que les parents d’élèves de 5ème, écœurés par ces tentatives éhontées de manipulation des esprits, tapent là où ça fait mal, à savoir au portefeuille, et décident de renvoyer les manuels d’Histoire en question aux différents éditeurs concernés ?

Ce serait, sans doute, un bon moyen de leur signifier que non, ils ne sont pas d’accord, et que oui, ils ont décidé d’entrer en résistance !

Concluons sur cette anecdote rapportée publiquement par Eric Zemmour qui, après une émission télé où il avait débattu avec un historien sociologue antiraciste, indique que ce dernier avait clos la discussion par cette conclusion triomphante : "De toute façon, tu peux dire ce que tu veux, on tient les programmes scolaires".

Les programmes scolaires, peut-être, mais pas les élèves à qui ils sont destinés.

N’est-il pas grand temps de sonner la fin de la récréation et de poser clairement la question de l’indépendance de l’Education Nationale face à la montée des revendications des communautarismes ?... Véronique Bouzou

Lien Islamisme : la résistance et la solitude des professeurs 

Lien Non, les profs n’ont pas vocation à enseigner le fait religieux à l’école publique !

Clip anti djihad, ou la sempiternelle victoire de la prévention sur la répression

veronique bouzou

© Véronique Bouzou - Professeur de Lettres Modernes