Un petit bout de terre perdu au milieu de la mer, un bouchon dans l'eau qui attend que ça morde.

C'est là, sur l'île de Sainte Pélagie, que s'installe un été le narrateur.

Son ami Henri parti en voyage lui a confié la garde de la maison, du chien et du jardin.

Une aubaine pour le narrateur qui s'ennuyait ferme.

Bien décidé à sauver le potager des ronces et sa vie de l'atonie douce, il prend ses marques, observe le paysage, arpente ce nouveau territoire.

Et fait d'étranges rencontres : un enfant inconsolable, un maire iconoclaste, un voisin au lourd secret, deux chasseurs d'étoiles…

Petit à petit il se prend d'affection pour cet endroit unique et surprenant.

L'île pourrait tout aussi bien être une planète perdue dans l'espace.

Ce confinement dans un endroit improbable au large de nulle part confère à son expérience îlaise et à ses rencontres l'intensité d'un retour au monde.

Lorsque son ami revient, notre narrateur fait, à regret, ses bagages mais prend soin de tapisser de sable le fond de ses chaussures.

"Désormais, j'irai au boulot en traversant la plage, aux enterrements en traversant la plage, à mes rencarts en traversant la plage"…

Un roman farfelu, un personnage attachant…

Résumé

"Dès le début, tout part en quenouille : sa voiture tombe en panne, le restoroute où il s’arrête lui sert un hamburger décapité…

La traversée vers l’île est houleuse, sur le bateau de Snoopy, le passeur ivre mort.

Et puis, à peine installé, ayant pris possession temporaire de la maison en échange de quelques travaux de jardinage et de soins à Nestor, le chien tripode, se produisent des événements bizarres : la bibliothèque ne propose que des livres lacrymatoires accompagnés de mouchoirs en papier, des vendeurs d’encyclopédies viennent sonner à sa porte à 3 heures du matin, un avion, dans le ciel, diffuse à son usage exclusif ses messages, il neige subitement en plein été…

Il a pour seule compagnie une bande de poivrots autochtones sympas (dont Snoopy), qui l’entraînent dans quelques aventures improbables, cueillette d’étoiles filantes ou course au trésor.

Il conduira même par intérim, deux jours de tempête, la navette, ce qui lui permettra de se régaler des jolies jambes d’une fille en minijupe.

Et puis, alors que le charme bizarre de l’endroit opère puissamment sur lui, qu’il a même commencé à se plaire à la plage, survient son voisin, un vieil homme avec qui il sympathise, jusqu’à ce qu’il lui avoue avoir acquis sa maison en se débarrassant du légitime propriétaire.

Plutôt que de retourner sur un continent où rien ne le requiert, le narrateur succombera-t-il à la même tentation, afin de demeurer dans son île mystérieuse ?...

Tout en nuances et en subtilité, Guillaume Siaudeau a ciselé, de sa belle écriture, un joli roman doux amer, qui, sans pathos aucun, à petites touches, traite du mal être, de la solitude d’une génération sans grand espoir ni grandes ambitions"…

Lien Editions Alma

La dictature des ronces

Guillaume Siaudeau

Editions Alma : 16 €

© Editions Alma

la dictature des ronces