"La majorité des parents serait épouvantée si des caméras leur retransmettaient ce qui se passe, parfois, dans la cour de récréation de l'école primaire et du collège en matière de relations.

Cette majorité sait, plus ou moins consciemment, qu'il s'agit là d'une jungle parfois dangereuse, mais c'est comme si elle faisait en sorte de ne pas trop y penser.

Enfants, nous avons pourtant tous été victimes, acteurs ou témoins de cette violence quotidienne d'un groupe qui construit ses codes puis les teste, au profit des plus souples et des plus puissants, au détriment des plus rigides et des plus vulnérables.

Mais à moins d'avoir été victime de harcèlement répétitif en ces lieux, nous semblons a priori amnésiques en ce qui concerne cette violence si particulière.

Je ne me l'explique pas réellement.

Je constate cependant que, au cours de nos conférences et formations, lorsque ce point est évoqué de façon concrète, avec des exemples issus de notre pratique, les souvenirs reviennent en nombre.

Ceux des harcelés, empreints de tristesse et de peur.

Ceux des harceleurs, honteux et coupables.

Ceux des plus nombreux, les témoins silencieux, qui le restent, en baissant les yeux.

J'ai donc imaginé, mais ce n'est qu'une intuition, que ce silence, cette amnésie volontaire et fine comme un vernis, était le signe d'une grande impuissance.

Comme si, en serrant les dents et n'y pensant pas, nous allions aider nos enfants à ne pas être trop blessés dans la cour de récréation.

Pourtant, s'il est vrai que nous n'y sommes pas et que c'est bien à eux de trouver les ressources qui sont les leurs pour en sortir plus forts, il y a des solutions, des pistes de réflexion que nous pouvons emprunter en étant auprès d'eux, pas entre eux et le monde.

Parce que, tout simplement, les apprentissages relationnels faits à l'école sont ceux avec lesquels les enfants vont devoir s'insérer dans leur vie d'adulte.

Ils ne pourront pas se contenter de fermer la porte de la cour de récréation après que la sonnerie aura retenti une dernière fois.

Ce livre s'adresse à ces parents, anciens enfants, qui voudraient bien que leurs enfants ne se retrouvent dans aucune des 3 situations suscitées.

En filigrane, il s'adresse beaucoup à ces enfants, futurs parents, qui se sentent désarmés et blessés, et qui ne parviennent pas à sortir du cercle vicieux infernal de la violence relationnelle en milieu scolaire.

Il est le fruit de mes consultations avec des enfants confrontés à ces situations douloureuses.

Leurs prénoms et les contextes ont été modifiés pour préserver leur anonymat.

Qu'ils soient ici remerciés.

Ce sont tous des héros" !

Résumé

Les codes de la cour de récré sont clairs.

1) Les problèmes se règlent d'abord entre enfants.

2) Celui ou celle qui déroge à cette règle à partir du CM1 perd considérablement de sa "popularité".

Quand les parents, voulant bien faire, volent au secours de leur enfant, ils prennent alors le risque d'aggraver les choses.

Dans ce livre aussi intelligent que pragmatique, à contre courant des idées reçues, Emmanuelle Piquet nous indique la bonne posture : ne pas se mettre entre le monde et l'enfant ou l'adolescent, ne pas le surprotéger, mais l'aider à se défendre par lui même.

Sans exagérer ni nier la violence, donnons plutôt à nos enfants la capacité de faire face !

Lien Editions Payot

Te laisse pas faire ! - Aider son enfant face au harcèlement à l'école

Emmanuelle Piquet

Editions Payot : 18 €

© Editions Payot

te laisse pas faire